L’expérentiel

Fedora et son fiancé - copyright Fotolia, on ne joue pas à copier !

L’EXPERIENTIEL

 

L’expérientiel est le mot clé pour définir le plaisir par l’expérience. Mais pour que cette fameuse recherche perdure, il a fallu tout simplement que le produit se montre désirable.

Il est extrêmement difficile, physiologiquement, de se séparer du jeu. Bien que les nerfs soient incapables de la moindre douleur, n’oublions pas que les organes les plus nobles, sont ceux de la vue ou de l’ouïe.

Le jeu est expérience. Une expérience est la Pratique de quelque chose, de quelqu’un, épreuve de quelque chose, dont découlent un savoir, une connaissance, une habitude ; connaissance tirée de cette pratique. Comme nous sommes la somme de nos expériences et de nos sensations et que sur plus de dix années d’études il a été établi que si nous voulions vivre heureux, il nous fallait des expériences plutôt que des biens, nous sommes en droit de penser que ceci peut s’étendre au jeu…

Selon Atlantico et deux psychologues américains, il existerait des différences entre achats d’expérience et biens acquis. Ces derniers apporteraient infiniment moins de bonheur que les achats d’expérience comme les vacances, les concerts, les voyages, … les jeux.

Comment expliquer que l’éphémère procure autant de plaisir ?  Qu’une infime partie d’après-midi fait présager, quand on court au Casino, de bien plus grandes satisfactions que le dernier Houellebecq ?

Soumission ? Un des signes distinctifs de l’humanité, serait ce caractère spécifique  de vivre d’abord pour ressentir des choses, vivre des expériences. Le cerveau semble avoir besoin de stimulus. Ses sensations seraient alors, tactiles, en pointes sur sa peau, nécessaires à sa survie ?  Et, non point, comme d’autres désirs, affaire d’humeur ? Si l’appétit du Casino, l’expérience, procurent tous ces bienfaits,  a contrario,  l’achat d’un bien, aussi convoité soit-il est nenni !

Qu’on se le dise : L’expérience du jeu est Éros. La montre au poignet, qui va rejoindre d’autres bijoux, perd de sa chaleur d’origine. La fréquentation assidue d’un quelconque lieu, génère des souvenirs, goûts, dégoûts, mais des rétrospectives d’images dont ne subsisteront que les meilleures. Souvenons-nous de notre premier bon point, essence même de la vie ! A cela, rajoutons un côté ludique, celui de l’intimité, du désir universel qui aime se gérer en secret, s’enfuir pour mieux s’assouvir et s’entourer ostensiblement de la plus grande ignorance possible et nous détiendrons la clé. Toutefois, prudence ! notre désir régnera en maître absolu , et sur son trône, rejettera avec des regards méprisants, tous ceux qui chercheront à l’emprisonner pour le forcer à y renoncer.

Dans un univers de casinotier où les annonceurs de jeux en ligne utilisent nos sens en faisant appel -et de façon parfois exagérée- à la fonction « expérience » de leurs machines de jeux et autres tables, les interlocuteurs commencent à se poser la question du où la limite se situe-t-elle ? Hé bien, la réponse des autres serait : là où les professionnels la placent. Souvent haute, irréfléchie,  ils utilisent l’espace (perception visuelle) et le temps (l’ouïe). Si la vue est un sens actif tandis que l’ouïe est passif, les sons agissent avec violence et d’une manière agressive sur notre esprit. A en croire les habitués des jeux, les jetons qui dégringolent dans le compartiment métallique de la slot,  ne s’oublient pas ! Et cela d’autant mieux que l’esprit est plus actif et plus développé.

Conseils (*), jouer, c’est faire les frais du marketing et de la publicité chargés de repousser constamment les limites. Ces deux «sciences » sont là pour ces deux raisons, risquant de générer à priori et dans le long terme des besoins. Mais, le  plaisir est-il un crime ? Il a le mérite d’être immédiat…

Il y a 60 ans, Abraham Maslow écrivit que pour une personne tenter d’améliorer son état, demandait qu’elle arrive à se distancer des conditionnements sociaux. Plus les gens reconnaissaient que leurs comportements et leurs agissements étaient influencés par la société (la meilleure amie, le conjoint, la famille, le boss, la société, etc.) plus leur IRB (Indice relatif de bonheur) baissait.

Un joueur qui parle:

– Eh bien, le sais-tu, si je suis tombée dans l’addiction au jeu, la raison est que je n’ai pas été fidèle à moi même, j’ai accepté de frôler le naufrage, oublié mes valeurs, mis mes opinions de côté pour m’autoriser à jouer, j’ai renié mes croyances ou celles de ma famille.

– (…)

– Il m’a fallu commencer à retrouver mon authenticité – dans la mesure où j’en détenais vraiment une – qualité rare, qui m’a demandé du courage. Recouvrer une certaine force de caractère. Que signifie ce bouton rouge à droite ?

– Le bouton de la mise, hésita son confident,

– Et combien de pièces dois-je donner à ce bandit pour gagner ?

Il en faut trois pour gagner, pour que tes trois sept paient, il faut avoir misé le maximum.

– ça par exemple ! et s’ils sortent et que j’ai mis une seule pièce, je ne reçois rien !

– Non ; pas même le jackpot il ne tombera pas ;

– Quelle absurdité !

– Monsieur, s’il vous plaît, gardez-moi la machine, tenez, j’ai mis mes clefs à l’intérieur.

Car les rouleaux s’étaient tus, il était impératif de les relancer !.

 

En quoi et quand l’expérience du jeu n’est plus confort mais devient danger ? Par la « profondeur » qu’elle avait généré.  Le bien matériel ne nous atteint qu’en surface, l’expérience plonge avec nous comme la loutre marine qui saisit son petit quand elle est poursuivie,  et laisse des traces qui  accompagnent la vie. Si l’expérience nous rend puissant,  intelligent, si elle nous glorifie, celle du jeu risque nous entraîner mourante auprès des banques.

Les statistiques démontrent que les gens qui accordent le moins d’importance à leur confort dans l’évaluation de leur bonheur sont ceux qui affichent l’IRB le plus élevé alors que l’on observe l’inverse pour les personnes qui attribuent une très grande importance au confort dans l’évaluation de leur bonheur.

Ne pas confondre les deux notions, confort et bonheur.  La première, nettement plus superficielle, a contribué assurément à la seconde, mais le piège, c’est que le coût du confort rend les gens prisonniers de ce confort. (34% selon les chiffres de l’IRB). Et pour le maintenir, ils n’ont plus alors aucune flexibilité.  L’assujettissement par son confort demande qu’on mette tant de chaleur à son maintien ! La liberté n’existe pas. Penser le contraire est une hérésie dans le cas du jeu car la pensée est altérée. On se croit libre. Ne pas s’en rendre compte c’est se retrouver le plus souvent, n’ayant plus le choix.

 

 

 

(*) Source : Joueurs Infos Service

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