La thérapie par « intention paradoxale »

Parole de Fedora !

Globalement on doit la thérapie par intention paradoxale suite à la publication de Victor et Klug (1968), portant sur un cas, paraît-il intéressant, en terme de succès thérapeutique. Néanmoins ce process n’est pas dénué d’un inconvénient puisqu’il se solde souvent par un avatar symptomatologique substitutif : le principe de la compensation.

Le traitement paradoxal consistait en l’injonction de jouer tous les jours pendant trois heures, puis de décrire en détail au thérapeute les sentiments éprouvés durant le jeu.

Un sentiment de malaise s’installait rapidement et les instructions du médecin n’étaient suivies qu’à contrecœur et de façon intermittente, ce dernier étant accusé de « vouloir ruiner ».

En effet, au bout de trois semaines, la personne, dans le rouge à la banque, tente d’emprunter de l’argent à sa mère et lui avoue pour la première fois sa passion du jeu.

Quand les pertes s’accumulent, le thérapeute suggère au patient de vendre des objets comme on le fait sur le Bon Coin ou Vinted afin de se procurer de l’argent ! Et la personne joueuse, horrifiée, va compenser dans son travail et y obtenir un succès financier.

Le principe de compensation

Selon cette étude, l’arrêt du comportement de jeu se solde par des symptômes récurrents, différents pour chacun mais avec stress, perturbation psychique, conflits au sein de la famille et une tendance aux plaisirs de s’isoler (…)

Si prescrire le symptôme donne matière à réflexion, et doit être configuré impérativement dans un cadre théorique sophistiqué afin que le paradoxe ne se transforme pas en un défi, néanmoins cette thérapie peut permettre ainsi une résolution satisfaisante du symptôme. Explications :

Arrêter car « on est dégoûté »

Accédez donc, un jour ou l’autre, à la perception d’avoir touché le fond avec vos pertes d’une après-midi et l’apaisement qui s’ensuivra à l’arrêt n’en sera que plus durable et profond. Des pertes importantes et répétées qui conduisent à cette forme de satiété libératoire, dans l’absolu définitivement. C’est alors que le désir d’arrêter le jeu apparait entraînant naturellement la démarche de s’interdire ou de s’adresser à des organismes compétents en vue d’une thérapie comportementale, ou bien alors on décide d’arrêter tout seul car on s’y sent capable !

On comprend enfin que l’argent gagné tourne dans le Casino. Si vous gagnez aujourd’hui, demain ou dans trois jours, vouloir en gagner plus vous perdra. Dans ce cas, il faudra vous refaire…

Un cercle sans fin, la fameuse escalade semblable à celle des mises…

C’est un long cheminement dans le murissement qui ne passe que par une douleur devenue insupportable qui s’appelle la perte…

Image par life pan de Pixabay

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Izoenn dit :

    Théorie intéressante.
    La thérapie ne pourrait-elle pas être similaire pour les autres addictions ?

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  2. Geeeen dit :

    Aucune addiction ne se ressemble. Les thérapies soignent les addictions donc aucune thérapie ne se ressemble. Merci du passage

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